
Synopsis
À 36 ans, une femme d’affaires quitte définitivement la France, bouleversée par
un drame familial. De retour au Bénin, son pays natal, elle se confronte à ses croyances, aux traditions locales et aux incompréhensions de son entourage.
Entre exil et retour, RETURNEE explore la quête d’identité et la lumière au bout
du tunnel.
Note d'intention du scénariste
Je suis immigrée en France, d’origine béninoise. Quand j’y suis venue pour mes études il y a une dizaine d’années, je n’avais ni famille, ni amis. Depuis, le temps a passé, j’ai fait mon trou.
Je suis assise devant mon ordinateur dans l’open-space de l’entreprise aux grandes baies vitrées et à la moquette feutrée où je travaille. Je m’ennuie, mais je ne peux ni bouger, ni faire les cent pas jusqu’à la machine à café (je déteste le café), ni prendre mon téléphone portable. Dans ce genre d’endroit, le moindre geste est épié par les collègues. Tu dois absolument donner l’impression que tu es très occupée, même si tu as validé avant l’heure ta to-do liste. Alors, je laisse mon esprit divaguer. Je repense au parcours de combattant qui m’a mené à cet endroit précis ; à mon enfance, à ma famille, à mes amis restés au pays. Je me revois, ce matin d’hiver où, affublée de mes bottines de working-girl parisienne trop pressée de rejoindre son boulot, j’ai glissé sur le trottoir verglacé ; résultat : je me suis retrouvée aux urgences avec le nez cassé. La rage ! Marre des manteaux et des glissades ; être au chaud toute l’année c’est quand même mieux.
L’idée du personnage Faty, naît ainsi. Que fait ensuite cette jeune femme ambitieuse ? Comme beaucoup d’autres, elle a rejoint l’Occident pour des études couronnées de succès, a trouvé un emploi, a obtenu la double nationalité, s’est construit un cercle social. Le champ des possibles est désormais plus grand : rester, parcourir le monde, retourner d’où elle vient.
Le film accroche Faty à ce carrefour de questionnements qui est une réalité actuelle pour la diaspora africaine. Même si les niveaux de vie et de salaire sont nettement supérieurs en Occident, ils sont tentés d’être à nouveau aux côtés de leurs proches, partager avec eux des moments perdus depuis plusieurs années. D’un autre côté, beaucoup d’idées reçues sur l’Afrique les freine (terre d’échecs, chômage endémique, communauté envahissante…).
Pour le personnage principal du film, c’est un drame qui viendra mettre un terme aux hésitations ; elle rentre ! Le public découvre à ce moment-là une jolie trentenaire déterminée. A quel point ? Car quelles que soient les raisons qui motivent ces retours, la bonne volonté et l’amour de ses racines n’exemptent pas des difficultés à venir.
En suivant Faty, on apprend - comme je l’ai moi-même amèrement vécu - que retrouver un environnement, une culture, une famille après des années à l’extérieur n’est pas toujours idyllique, on peut souffrir d’incompréhensions, de rejet et de certaines manies liées à sa double culture. Et dans le même temps, on redécouvre un pays cher laissé derrière soi qui offre des moments de grâces inouïs que les locaux eux-mêmes ignorent ; comme si d’avoir vu un autre monde vous donnait de nouveaux yeux pour mieux voir le vôtre.
Les personnages qui évoluent autour de Faty incarnent chacun avec leurs attitudes et leurs discours, les mentalités parfois curieuses d’un Bénin qui oscille entre traditions et modernisme. Mais il n’est pas question pour moi de dramatiser. Ma ligne de conduite durant l’écriture a été de dénoncer sans juger, révéler avec une légère pointe d’agacement, et surtout faire voyager le public dans un pays qui offre des images de vie quotidienne et des paysages magnifiques. Il faut que le parcours de Faty nous touche, nous parle, nous rappelle notre propre parcours, bref qu’on s’y retrouve.
Ce film est une fiction où le personnage principal, bousculé dans ses repères, fini par lâcher-prise. C'est un premier essai inspiré par le travail de grands esprits du cinéma que j'admire.
Faty est un personnage attachant et le final du film vient solder une réflexion personnelle. Selon moi, partir, revenir, rester, ici ou là-bas, nous sommes chez nous partout, même si chacun se déplace avec une part de ses racines. Et peu importe la direction choisie, la lumière est au bout du tunnel. Cette lumière personnifiée par le béguin de Faty nous rappelle, une fois encore, que l’amour n’a pas de frontières.
Critiques
Un récit intime et universel,
une identité culturelle forte, et une vraie sincérité sans artifices.

Nous ne cesserons pas d'explorer. Et la fin de toute notre exploration sera d'arriver là d'où nous sommes partis, et de connaître ce lieu pour la première fois. T.S Eliot
Galerie




























































































